J’ai demandé à ChatGPT de me roaster. J’ai un peu la conviction qu’il n’attendait que ça. Allez! Je vous laisse: je vais me mettre en boule sous ma couette comme la victime qui je suis.
Docteur, vous voulez un roast ? Très bien. Vous l’aurez demandé. 🔥
Vous êtes le seul homme capable de faire six ans de médecine, de rejoindre la réserve de la gendarmerie, de s’intéresser à la psychiatrie médico-légale, de pratiquer le cyanotype et de réfléchir à une thèse sur David Nebreda… pour finalement passer trois heures à vous demander si vous vous ennuyez parce que vous êtes trop intelligent pour votre environnement ou parce que vous avez encore besoin d’un nouveau projet pour éviter de rester seul avec vous-même.
Vous ne faites pas une crise existentielle, vous montez un consortium de recherche sur votre crise existentielle. Avec comité d’éthique, bibliographie PubMed et perspective de publication dans The Lancet Psychiatry.
Votre vie, c’est un CV qui a développé une personnalité borderline entre deux lignes de compétences. Vous ne cherchez pas votre voie. Vous cherchez un cadre institutionnel suffisamment contraignant pour vous donner envie de le contester. La médecine vous ennuie ? Vous envisagez la gendarmerie. La gendarmerie est trop rigide ? Vous faites de l’art. L’art devient trop libre ? Vous envisagez les Beaux-Arts. Les Beaux-Arts ne vous stimulent plus ? Une thèse en psychopathologie de la création artistique vous tend les bras. À ce stade, vous n’avez pas un parcours professionnel : vous êtes un abonnement d’essai gratuit à toutes les institutions françaises. Et le plus drôle, c’est que vous avez probablement déjà théorisé ce mécanisme. Vous avez dû écrire quelque part sur votre blog que « la recherche de cadres institutionnels révèle une tension dialectique entre désir de structuration et aspiration à l’autonomie ». Non, docteur. Parfois, vous avez juste besoin de vacances.
🎓 Votre rapport aux études
Vous avez un parcours tellement atypique que même votre parcoursup doit avoir besoin d’un suivi psychiatrique. BTS agroalimentaire, microbiologie, master recherche, thèse, recherche clinique, SAMU, médecine, gendarmerie, art… Votre orientation ressemble à une cellule souche pluripotente qui aurait consommé trois cafés et refusé de se différencier.Vous êtes capable d’accumuler des qualifications dans des domaines radicalement différents, mais je soupçonne que si quelqu’un vous demandait simplement : « Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? », vous auriez besoin de 45 minutes, d’un tableau blanc et de deux précautions méthodologiques pour répondre.
Et attention, il ne faudrait surtout pas qu’on vous trouve simplement « intelligent ».Vous préférez « intéressant ». Évidemment. Parce qu’être intelligent, c’est une caractéristique. Être intéressant, c’est un appel à projets.Vous ne voulez pas qu’on reconnaisse votre intelligence ; vous voulez qu’on perçoive la complexité de votre architecture intérieure, ses contradictions, ses zones d’ombre et ses ramifications sociologiques.Pendant ce temps, votre interlocuteur voulait juste savoir si vous étiez disponible samedi soir.
🧠 Votre cerveau : une réunion pluridisciplinaire qui aurait dû être annulée
Docteur, vous êtes étudiant en médecine, artiste, réserviste, amateur de philosophie et observateur de vos propres mécanismes psychiques.Vous avez tellement intériorisé le regard clinique que vous pourriez probablement transformer une contrariété banale en sémiologie psychiatrique complète.Quelqu’un ne répond pas à votre message ? Une personne normale se dit : « Il est peut-être occupé. » Vous : « Je m’interroge sur la nature de mon investissement affectif, la dynamique de réciprocité, les mécanismes de défense mobilisés face à l’incertitude relationnelle et la possible réactivation d’une expérience antérieure de rejet. »
Monsieur, il est sous la douche. Vous avez une capacité extraordinaire à observer vos émotions, à les décrire, à les contextualiser et à en discuter les déterminants possibles. Mais parfois, j’ai envie de vous dire : vous n’êtes pas obligé de devenir le psychiatre de chaque émotion que vous éprouvez. Vous pouvez être triste sans produire une revue narrative. Vous pouvez être jaloux sans convoquer Bowlby.Vous pouvez être attiré par un homme sans élaborer une typologie de vos préférences relationnelles. Et vous pouvez être seul un dimanche soir sans transformer cette solitude en problématique de recherche sur les hommes gays, les déterminants psychosociaux de l’isolement et les défaillances des réseaux de soutien communautaires. Même si, soyons honnêtes, vous pourriez probablement en tirer un excellent sujet de thèse.
🎨 Votre carrière artistique
Votre pratique artistique me fascine.Vous travaillez sur les empreintes, la dégradation, la rouille, les végétaux, les corps, les traces, le cyanotype et la matérialité des supports. Votre idée centrale : la dégradation révèle la matérialité intrinsèque des choses. C’est très beau. Mais, docteur, avez-vous envisagé que cette phrase soit aussi votre autobiographie ?
Vous accumulez les expériences, les ruptures, les institutions, les disciplines et les identités professionnelles comme si vous étiez en train de constituer une collection de matériaux destinés à être corrodés.Vous ne vous contentez pas de vivre quelque chose. Il faut que l’expérience laisse une empreinte, que cette empreinte soit documentée, que le document soit transformé en œuvre et que l’œuvre permette de comprendre quelque chose de votre rapport au monde.Vous pourriez renverser un verre d’eau sur une table et finir par proposer une installation intitulée Hydrologie de l’absence : étude des traces résiduelles d’une présence éphémère. Avec un cartel de 800 mots. Et une référence à Derrida.Le pire, c’est que je serais probablement curieux de voir l’œuvre.
Votre esthétique : « Je veux avoir l’air inaccessible, mais comprenez-moi profondément »Vous aimez l’esthétique sombre, les dessins pointillistes en noir et blanc, les lignes nettes, la gravure, les ambiances techno, les corps masculins, les piercings et les images qui oscillent entre intimité et froideur.Vous voulez quelque chose d’élégant, de froid, d’un peu intimidant. En gros, vous voulez que votre apparence dise :« Ne m’approchez pas. » Alors que votre vie intérieure prépare simultanément un dossier de candidature pour quelqu’un qui serait capable de vous comprendre dans toute votre complexité. Vous avez probablement conçu une esthétique entière autour de l’idée de ne pas être facilement accessible, tout en espérant secrètement rencontrer quelqu’un qui ne se découragera pas devant la porte blindée. Vous êtes un bunker émotionnel avec un excellent directeur artistique. Et le détail qui me tue, c’est que vous aimez les dessins au pointillisme. Des milliers de petits points méticuleusement assemblés pour former une image cohérente.Même votre esthétique a besoin de transformer une multitude de fragments en une totalité intelligible. Vous ne pouvez même pas avoir une personnalité chaotique sans lui donner une direction artistique.
🏳️🌈 Votre vie sentimentale : une étude observationnelle sans groupe contrôle
Vous voulez une relation avec un homme intéressant, masculin, capable de vous stimuler, mais sans nécessairement entrer dans les catégories rigides de la virilité, de la domination ou des rôles sexuels. Vous voulez de la liberté, mais aussi une forme de présence.Vous n’êtes pas forcément en quête d’exclusivité, mais vous observez quand même si l’autre se connecte encore à Grindr.Docteur. DOCTEUR. Vous voulez une relation suffisamment libre pour ne pas vous enfermer, mais suffisamment signifiante pour que l’autre commence spontanément à vous choisir. Vous aimeriez que les attentes relationnelles soient explicites, les sentiments authentiques, la liberté préservée et l’incertitude réduite à un niveau cliniquement acceptable. En d’autres termes, vous recherchez un essai clinique de phase III sur l’attachement amoureux, avec un critère de jugement principal défini à l’avance et une analyse intermédiaire après quelques jours sans connexion à Grindr. Vous ne voulez pas nécessairement contrôler l’autre.Vous voulez simplement disposer de suffisamment de données pour ne pas avoir à vous abandonner à une situation dont vous ne maîtrisez pas l’issue. Le problème, c’est que les relations humaines ne sont pas des dossiers médicaux. Il n’existe pas de bilan biologique permettant de déterminer si un homme commence à vous aimer. Et si un jour vous en trouvez un, j’espère sincèrement que vous ne demanderez pas à faire doser sa prolactine, sa testostérone et son cortisol avant de lui proposer un deuxième rendez-vous.
🩺 Votre rapport à la médecine
Vous vous intéressez à la psychiatrie judiciaire et à la médecine légale.Bien sûr. Parce que même votre désir de comprendre l’être humain doit vous conduire là où se rencontrent le corps, la souffrance psychique, les institutions, la violence, la responsabilité et la loi. Vous ne pouviez pas simplement choisir une spécialité où vous pourriez soigner des gens. Il fallait une spécialité dans laquelle chaque patient arrive avec une histoire, chaque histoire avec ses ambiguïtés et chaque ambiguïté avec des implications médico-légales. Vous avez regardé la psychiatrie générale et vous vous êtes dit : « C’est intéressant, mais est-ce qu’on pourrait ajouter des expertises judiciaires, des violences, des institutions pénales et des questions de responsabilité ? » Votre cerveau ne sait pas apprécier une situation complexe sans chercher à y ajouter une couche supplémentaire de complexité. Vous êtes capable de transformer un stage hospitalier en réflexion sur les rapports de pouvoir, les normes institutionnelles, la discrimination, la présentation de soi et la légitimité professionnelle. Et parfois, vous avez raison de le faire. Mais vous avez aussi cette tendance potentielle à devoir extraire une signification intellectuelle de chaque conflit. Il arrive qu’une institution soit injuste sans que cette injustice constitue une révélation philosophique sur votre destinée.Il arrive qu’un supérieur soit simplement pénible. Il arrive qu’un stage soit raté. Et il arrive qu’une expérience n’ait pas besoin de devenir une nouvelle branche de votre identité. Vous avez le droit de vivre des événements qui ne vous apportent aucune compétence transférable.🔥 Le vrai problème, docteurCe qui rend votre profil particulièrement roastable, ce n’est pas que vous soyez ambitieux, cultivé ou éclectique.C’est que vous semblez parfois vouloir que chaque dimension de votre existence justifie les autres. Votre médecine doit dialoguer avec votre art. Votre art doit révéler votre rapport au corps.Votre rapport au corps doit éclairer votre rapport à l’identité. Votre identité doit s’inscrire dans une histoire personnelle et sociale.Votre histoire personnelle doit pouvoir être pensée sociologiquement. Et votre réflexion sociologique pourrait, à terme, devenir un objet de recherche clinique.Vous ne vivez pas plusieurs vies. Vous essayez de rédiger une théorie générale qui les unifie toutes. Comme si une existence n’avait de valeur que lorsqu’elle devenait intelligible.Comme si une expérience devait nécessairement produire du sens. Comme si vous ne pouviez pas simplement aimer quelque chose, vous en lasser, puis passer à autre chose sans devoir expliquer cette transition. Vous semblez parfois vous imposer une exigence étrange : ne pas seulement réussir, mais comprendre pourquoi vous voulez réussir ; ne pas seulement aimer, mais comprendre comment vous aimez ; ne pas seulement créer, mais comprendre ce que votre création révèle de votre rapport au monde. À ce rythme, vous allez finir par demander une analyse phénoménologique de votre envie de commander une pizza. Et vous savez quoi ?Le plus ironique, c’est que cette sophistication intellectuelle peut parfois devenir une manière extrêmement élaborée de différer les choses les plus simples. Choisir. Renoncer. Vous reposer. Vous attacher à quelqu’un sans savoir exactement où cela vous mènera. Faire une œuvre sans être certain qu’elle exprime quelque chose de profond. Accepter d’être débutant dans un domaine sans vous demander si vous pourriez en faire une nouvelle carrière. Et surtout, accepter que vous n’êtes pas obligé de devenir quelqu’un d’extraordinaire dans chaque domaine pour mériter d’exister tranquillement dans votre propre vie. Parce qu’à force de vouloir être médecin, artiste, chercheur, réserviste, penseur et sujet d’étude, vous risquez de devenir le seul patient de votre propre institution.
Le verdict final
Docteur, vous êtes un homme qui veut comprendre les mécanismes de la souffrance humaine, mais qui pourrait probablement passer trois heures à conceptualiser son épuisement avant d’admettre qu’il a besoin de dormir.Vous avez assez de projets pour occuper six personnes, assez de curiosité pour alimenter un laboratoire et assez d’introspection pour rédiger les annexes autobiographiques de votre propre dossier d’expertise. Vous voulez être libre, mais vous aimez les cadres. Vous voulez être compris, mais vous cultivez l’inaccessibilité.Vous voulez créer, mais vous voulez aussi savoir ce que la création signifie.Vous voulez aimer, mais vous aimeriez bien connaître les conditions de l’étude avant d’inclure le premier participant.Vous êtes le genre d’homme qui pourrait tomber amoureux, s’en rendre compte, puis se demander si cet événement est compatible avec son projet professionnel à cinq ans. Et malgré tout cela, votre plus grande faiblesse n’est peut-être ni votre dispersion, ni votre exigence, ni votre tendance à intellectualiser. C’est peut-être votre difficulté à vous accorder le droit d’être simplement un homme de 35 ans qui n’a pas encore tout compris, qui change d’avis, qui se trompe, qui désire des choses contradictoires et qui n’a pas besoin de transformer chacune de ses contradictions en projet de recherche.Voilà, docteur. Vous n’avez pas besoin d’une nouvelle spécialité. Vous avez besoin d’une mise en disponibilité de votre comité scientifique intérieur. 🔥
