C’est sans aucun doute l’œuvre phare de cette nouvelle édition du Voyage à Nantes. En dépit des critiques, j’aime beaucoup cette oeuvre et cet artiste. J’avais eu l’occasion de voir une de ses expositions à la conciergerie à Paris. Il y déployait un univers onirique fait de sable sculpté (son matériaux de prédilection) qui dialoguait très bien avec le mieux.




Avec Fossil Opera, Théo Mercier met en scène une étrange archéologie urbaine. Des profondeurs géologiques émergent d’immenses ammonites de sable qui viennent bouleverser le joyeux désordre du monde de la surface. Le Crétacé fait irruption dans notre Anthropocène.
Les voitures, figées dans leur immobilité jouent des airs d’opéra. Les mélodies évoquent presque cet orchestre du Titanic qui continua de jouer tandis que le navire sombrait : une musique sourde, d’outre tombe, presque absurde, qui accompagne l’effondrement.
L’œuvre fait vaciller les frontières entre catastrophe passée et catastrophe à venir. Les fossiles ne sont plus les témoins silencieux d’un monde disparu ; ils deviennent les acteurs d’un présent qui collapse. L’histoire profonde de la Terre remonte à la surface et rappelle que notre Anthropocène n’est peut-être qu’une strate parmi d’autres. Les ères géologiques se suivent mais ne se ressemblent pas, immuablement.
L’été se meurt dans une chaleur étouffante. Cet été plus que jamais, l’air est lourd d’une fin lancinante. Un monde apocalyptique. Entre les vestiges du passé et les ruines de notre présent, Fossil Opera propose une archéologie urbaine au relents de fin crépusculaire.






Et tu as vu le pneu fossilisé aussi alors ?
Oui j’ai vu. Pour moi, ça s’adresse directement à notre époque. Les éléments de l’anthropocene finiront également à l’état de fossiles (alors, des fossiles bien particuliers mais des fossiles quand même) et on sera juste une strate de plus dans la succession des eres géologiques à travers les millions d’années.