Été 2025, Eric lombard est alors ministre de l’économie. Le photographe Sébastien leban obtient des équipes du ministère la possibilité de faire une série de tirages du ministère sur l’héliport situé au sommet de bercy.
Le ministre de l’économie est le seul ministère doté d’un héliport. In n’a servi que deux fois font une pour le tournage de mission impossible.
Il fait chaud.
Entre deux prises, on tend un parapluie au ministre afin qu’il s’abrite des rayons du soleil.
Un brin facétieux, le photographe saisit l’instant.
Le ministre est droit comme un I sur un H (comme héliport). Il tient un parapluie noir avec une posture très distinguée, académique, avec un flegme anglais. Un ministre hors-sol.
Cette photo prise sur le vif est lauréate du prix de la photographie politique 2025.
Ce qui est balaise, c’est que cette photographie non prévue invoque chez moi instantanément le travail de Magritte. Elle partage l’atmosphère surréaliste de ses tableaux comme un clin d’oeil au surréalisme de la scène figée…et du contexte politique de l’été dernier.
La photo est littéralement surréaliste car ce qui fait le réalisme en photographie n’est pas tant la fabrication de l’étrange que la révélation de l’incongruité déjà présent dans le réel.
Cette image est une image « creuse ». elle ne dit rien explicitement mais cristallise un climat, un moment politique suspendu. C’est une photo symptomatique d’un contexte fébrile.
On dirait une fusion littérale de l’œuvre « les vacances de Hegel » et « le fils de l’homme » de Magritte.


Là réside l’une des raisons pour lesquelles j’aime l’art et la photographie.
Et aussi pourquoi j’écris cela à deux heures du matin.
L’art comme une forme de veille.

Il peut y a avoir un côté Jacques Tati, aussi dans cette image. Qui magnait également habillement les parapluies et l’humour décalé pour parler de ses contemporains.