Dans les années 1970, dans un monde encore relativement épargné par les secousses qui allaient bientôt marquer la communauté gay, Tom Bianchi a immortalisé la vie des fêtes de Pines Island. Son objectif capte des hommes dans des moments de détente, comme piqués au vif par la joie d’exister hors des contraintes sociales. Oui, les corps sont beaux, sculptés, mais ils le sont sans excès : loin, à mille lieues, des canons hyper-bodybuildés qui dominent aujourd’hui.




Ces photographies respirent l’été, la lumière, un plaisir partagé, un hédonisme spontané qui contraste avec le côté sensationnel et « industriel » des « circuits festivals » contemporains. Il s’en dégage une certaine indolence.




Bien sûr, Bianchi est avant tout reconnu pour sa série iconique de Polaroids, dans lesquels il saisit des fragments intimes de la vie homosexuelle, à la frontière entre le privé et le public, entre l’érotisme et le documentaire. Mais son approche, est plus éclectique encore.



Quoi qu’il en soit, il fournit un instantané de l’ambiance pré-Sida, où la fête et la liberté de la communauté gay s’imposaient comme une conquête, un état d’esprit.

Ces images ne se réduisent pas à des nus esthétiques : elles documentent un état d’esprit collectif, un sentiment de libération qui, pour beaucoup d’hommes gays de cette époque, constituait une conquête inédite.
