Voyage en Italie – Photographie d’Hervé Guibert

Hervé Guibert, né le 14 décembre 1955 à Saint-Cloud et décédé le 27 décembre 1991 à Clamart, était un écrivain, journaliste et photographe français. Il est l’auteur de nombreux romans et récits autobiographiques, souvent classés dans le genre de l’autofiction. Son œuvre explore les thèmes de la maladie, de la mort et de la photographie.

Guibert est décédé à la suite d’une intoxication à la digitaline au début des années 1990 souhaitant mettre un terme à sa vie . Il a abondamment écrit sur sa maladie, documentant sa progression vers la mort, ce qui lui a valu le surnom d »‘ecrivain du SIDA ». C’est dans son livre « À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie » qu’il annonce sa séropositivité au VIH. Dans cet ouvrage, il décrit également l’agonie de son ami proche, le philosophe Michel Foucault, également emporté par la maladie. Dans « Le Protocole compassionnel », Guibert décrit l’avancée de sa maladie et ses relations avec le monde médical, oscillant entre fatalité et espoir suscité par le protocole compassionnel auquel il a accès. Ce récit offre une vision intime de sa lutte contre le sida et de sa réflexion sur la vie et la mort. Le film « La Pudeur ou l’Impudeur » met en scène les derniers moments de sa vie, utilisant des images filmées dans l’intimité de son quotidien. Ce documentaire, diffusé à titre posthume, offre un témoignage poignant de sa confrontation avec la maladie et de sa démarche artistique jusqu’à la fin.

En dehors de son travail journalistique et littéraire, Hervé Guibert a toujours pratiqué la photographie en plus d’avoir été de nombreuses années critique photo pour le journal « le monde ». Son approche de la photographie reflète une quête de soi et une exploration des thèmes de l’identité et de la mortalité et comprend de nombreux autoportraits souvent scénarisés.

Dans ses dernières volontés, il a exprimé le souhait d’être enterré sur l’île d’Elbe, petit bout d’Italie qu’il a découvert à l’invitation de son ami, le photographe et écrivain Hans Georg Berger, alors qu’il n’avait que 22 ans.

« J’ai pris des trains, puis un bateau, un aliscaphe qui glisse sur l’eau, je suis monté dans un autocar, je me suis arrêté sur ce nom inconnu, Rio Elba, je suis descendu au terminus. Je n’ai qu’un tout petit bagage, un sac en plastique avec mes affaires de toilette, quelques vêtements de rechange, un livre, ce cahier et ce stylo ».

L’Italie a longtemps été une muse pour les artistes, offrant des références culturelles millénaires, des paysages et un mode de vie unique en son genre.

Les Douches – La Galerie présente actuellement une exposition consacrée à l’Italie d’Hervé Guibert.

Elle regroupe des photos de l’artiste prises notamment lors de son séjour à Rome à la Villa Médicis, mais aussi sur l’île d’Elbe, son lieu de villégiature de prédilection, où il a écrit beaucoup de ses ouvrages et où il est inhumé.

La photographie de Guibert est empreinte de nostalgie et de regret, capturant le temps qui passe et les moments d’innocence et d’indolence perdus.

Les photographies de Guibert sont des vanitas où planent l’ombre, la mort, le temps qui passe. L’omniprésence, de voiles blancs, de drapées blancs qui dissimulent tantôt les corps, les visages, les meubles participe à cette atmosphère.

Ses photos sont des extensions de sa pratique littéraire de l’autofiction. Ces autoportraits sont des réflexions sur l’évolution de son corps et de sa personnalité. Il avait un traitement spécial de la lumière permettant de découper l’espace en formes géométriques brutes et de souligner les plans en clair-obscur.

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