C’est même pas une question de baisage moi j’m’en fous de baiser. C’est pas ça le principal. L’important c’est de se réveiller avec quelqu’un. C’est de dormir en cuillère.
Hum, c’est ça l’important, la cuillère.
Savoir que si il y a un méchant qui débarque, il y a quelqu’un.
C’est une métaphore. Il n’y a jamais de méchant qui débarque mais… Tu te réveilles avec le vent, puis, tu sens le ventre de la personne que t’aimes qui respire dans le creux de ton dos.
C’est ça la cuillère
Marie-Camille et la coiffeuse – Les amours imaginaires de Xavier Dolan.
Quand je fantasmait encore mes premières nuits avec un homme, je me voyais être la petite cuillère. Peut être rêvais-je d’être protégé, lové dans les bras forts d’un ours. L’idée d’être contenu, d’être enveloppé, m’attirait comme une promesse d’apaisement.
Très rapidement, je me suis rendu compte de mon inconfort quand ce fut le cas. J’apprécie plus d’être la grande cuillère. Non pas que je me considère comme le preu chevalier ayant les épaules pour protéger l’autre, celui qui offre le refuge que je ne trouvais pas pour moi-même.
Je suis un koala qui enserre sa branche d’eucalyptus pour dormir.
J’enserre le torse de l’autre. Les mouvements de sa respiration perçus sous mes bras sont le doux ressac de la mer. Je joue volontier avec sa toison. Dépose quelques chastes bisous sur son cou. Les secousses d’endormissement m’ont toujours fait sourire. Je me figure le petit animal dans son terrier qui lâche prise et s’abonne au sommeil.
Que l’on soit la petite ou la grande cuillère, il n’y a que ça d’important: la cuillère.

Oui c’est cool les cuillères. 🙂