La musique en intraveineuse

Après un début d’année où le moral n’était pas de la partie (c’est le moins que l’on puisse dire), je me suis fait plaisir en achetant un casque d’une part et, d’autre part, en prenant un abonnement Spotify.

La musique, qu’il s’agisse d’en pratiquer, d’en ecouter ou d’en brailler à tue-tête, a beaucoup d’importance dans la thymie.

En cette fin d’année, Spotify livre des statistiques qui permettent de mesurer et de caractériser mes heures d’écoute et mes goûts musicaux au cours de l’année 2024. C’est forcément un peu biaisé parce qu’il y a bien eu trois ou quatre nuits où j’ai dû m’endormir avec le casque sur les oreilles (une prouesse et un signe d’amélioration quand on sait que j’ai, depuis longtemps, énormément de difficulté à dormir). Mon nouveau stage fait que je suis plus longtemps à mon bureau que sur le terrain. Dans ce contexte, j’ai souvent le casque sur les oreilles.

Depuis août, j’ai donc comptabilisé 25 415 minutes d’écoute, soit 423 heures ou l’équivalent de 17 jours et demi d’écoute cumulés. 2 413 titres ont été écoutés et j’aurais écouté 1 825 artistes.

James Blake, le chouchou de l’année


L’artiste que j’ai le plus écouté est James Blake. C’est vraiment un de mes chouchous depuis de nombreuses années. Retrograde, Before, Loading, Limit to Your Love et bien évidemment Vincent reviennent régulièrement. Son écriture et ses compositions oscillent entre minimalisme et complexité émotionnelle. Il a une voix magnifique qui allie finesse et puissance. Son dernier single, sorti récemment, me laisse espérer qu’il sortira quelque chose en 2025. En attendant, Like the End est une chanson qui nous raconte la décadence de notre société et l’absurdité de notre époque. Le morceau fait penser à Radiohead. Le clip qui sert la musique a été réalisé avec une IA et décrit bien l’absurdité de notre époque telle que dénoncée dans la chanson. L’utilisation d’une IA renforce l’idée d’une époque pleine de progrès technologiques mais aliénante.

Teddy (Bear) Swims


En deuxième position, Teddy Swims, dont la voix grave et le côté gros nounours auquel on n’a pas trop envie de se frotter mais un peu quand même, m’a plutôt plu cette année.

Adele, mon amour


En troisième position, Adèle. Je suis un immense fan, mais ces stats me permettent enfin de montrer que je ne suis pas monomaniaque comme pourraient le croire certains.

Billie Eilish et sa voix envoûtante


Billie Eilish arrive en quatrième position. Sa chanson dans le film Barbie m’a accompagné de nombreuses fois, mais c’est surtout Bird of the Feather qui remporte la palme.

ALT-J, la base


En cinquième position, le groupe ALT-J (ou , puisque c’est le raccourci sur un clavier qui permet d’insérer la lettre grecque). C’est est un groupe britannique qui mélange les genres. Les compositions sont complexes, avec pas mal de rythmes inattendus, des harmonies vocales délicates et des textes assez imagés.

Les frenchies

Les statistiques montrent mon penchant pour la musique anglo-saxonne. Je n’ai pas de statistiques sur les artistes français, mais je peux tout de même dire que j’ai pas mal écouté Eddy de Pretto (surtout son premier album), Feu! Chatterton, dont les textes sont presque des bijoux de littérature, surtout quand on connaît le talent du chanteur du groupe pour la poésie, et Zaho de Sagazan, bien sûr.

Va piano : un peu de musique classique

Mes écoutes de musique classique ne transparaissent pas dans les statistiques même si cette musique revêt beaucoup d’importance pour moi depuis quelques années.

Les découvertes fondamentales

Deux découvertes ont pris pas mal d’importance dans ma playlist : Tshegue et RAYE. Deux styles différents mais de véritables surprises.

Comment ne pas parler de FKA twigs?

Je ne peux pas parler de mon année en musique sans évoquer FKA twigs, qui a dévoilé les premiers singles de son album à venir. Toujours en quête d’innovation, elle est allée puiser de nouvelles inspirations dans le milieu underground et la scène techno berlinoise. Artiste protéiforme, elle cumule les casquettes de chanteuse, danseuse, performeuse, icône de mode et actrice, tout en cultivant un univers unique empreint de futurisme et de musique expérimentale. Son esthétique peut être jugée déroutante. Elle explore les frontières du transhumanisme et flirte avec des influences presque « xénomorphes ». Ce jeu visuel, combiné à son exploration sonore redéfinit les notions de beauté, de technologie et d’humanité dans la musique actuelle. FKA twigs façonne un espace où elle s’engage presque corps et âme à son art, de façon très viscérale et intellectuelle.

Le troisième album de FKA twigs, EUSEXUA, est attendu dans quelques mois. Elle y développe une philosophie singulière, qu’elle décrit comme un état d’euphorie transcendantale.

« C’est un état, une émotion euphorique, ce sentiment quand tu as dansé toute la nuit, embrassé quelqu’un pendant des heures, perdu la notion du temps. En bref, l’état magnifique et méditatif juste avant une merveilleuse idée. »

Avec EUSEXUA, FKA twigs semble vouloir nous inviter à entrer dans un univers où les sensations brutes que procurent la musique deviennent des portails vers des idées nouvelles.

Un objet sonore non identifié

L’OVNI de ma playlist est sans doute Lykke Li, qui a sorti une version de son album EYEYE remastérisée… à l’envers et qui s’appelle… ƎYƎYƎ. L’effet donne quelque chose de mystique, de psychédélique, de chamanique, comme une conversation avec une divinité dont le commun des mortels ne maîtrise pas le langage. Chacun est libre de mettre l’émotion et l’intention qu’il ressent à l’écoute. C’est peut-être ce qui est intéressant dans le fond : la capacité de la musique à susciter de l’émotion au-delà d’un quelconque vocabulaire ou texte. La musique est à lui seul un language universel. Le projet musical se déploie aussi en un moyen métrage singulier à l’image de l’album.

Le projet mérite sans doute un post à lui tout seul compte tenu de son audace.

La chanson TЯAƎH ЯUOY OT YAWHÖIH est en featuring avec un artiste « NATURE ». Étrange, non ? En réalité, la nature elle-même est officiellement enregistrée en tant qu’artiste sur les plateformes de streaming musical, à commencer par Spotify. David Bowie (via un morceau de 1995 remixé par Brian Eno), AURORA, Ellie Goulding et bien d’autres artistes ont ainsi intégré des bruits issus de la nature. L’idée d’intégrer des sons naturels dans les œuvres musicales n’est pas nouvelle, mais les plateformes comme Spotify permettent désormais de reconnaître officiellement ces contributions sonores. Par exemple, des morceaux comme I’m With You d’Ellie Goulding ou Forest Sounds attribuent une véritable personnalité musicale aux éléments naturels. En écoutant des musiques où est créditée la nature, la moitié des revenus est reversée pour la préservation de la nature. Le système est simple : chaque utilisation peut contribuer, simplement en écoutant de la musique.

Voila, 2024 s’achève.

En avant pour de nouvelles aventures musicales en 2025.

2 Comments

  1. Si ton écoute de la musique reflète un moral qui repart à la hausse, c’est plutôt très bon signe alors cet article qui liste tant de trucs à écouter !!!! 😀

    1. Oui ça va mieux depuis cette été. Pourvu que ça dure.
      J’ai eu quelques eargasmes ces derniers mois et ça fait toujours du bien au moral.

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