L’Inde compte aujourd’hui plus d’un milliard d’habitants, représentant environ un septième de la population mondiale. Sa croissance économique est florissante, et il est évident que l’interdépendance entre l’Occident et l’Asie ne cessera de croître dans les années à venir. Pourtant, d’un point de vue occidental, nous peinons souvent à comprendre ce qui anime réellement cette gigantesque nation. L’image que nous en avons reste souvent réductrice : on se plaît à railler les codes parfois kitsch du cinéma Bollywoodien, et l’on observe sa gastronomie, sa musique et sa culture avec un regard distancié, presque condescendant.
À titre personnel, l’Inde m’évoque à la fois fascination et répulsion. C’est un pays dont les codes culturels diffèrent radicalement des miens (alors que j’avoue parfois avoir du mal à me situer même au sein de mes propres repères culturels). L’idée d’un « syndrome de l’Inde », pourrait bien m’effrayer si je devais y allé. Pourtant, je ne peux m’empêcher d’être fasciné par cette époque où l’Occident voit émerger des puissances économiques et culturelles comme l’Inde, la Chine et autres BRICs. L’occident doit composer avec ces pays avec lesquels il entretient des rapports assez conflictuels, paternalistes du fait du passé colonial et de différences culturelles marquées.
Les échéances internationales à venir pourraient néanmoins favoriser une montée en puissance de l’Inde sur la scène mondiale, où elle reste relativement discrète jusqu’à présent. Ainsi, le pays est en lice pour accueillir les Jeux Olympiques de 2036, face à des candidats comme la Turquie, la Pologne, l’Indonésie et le Chili. J’y crois. L’Inde possède le patrimoine, les infrastructures et les ressources économiques nécessaires pour organiser un événement capable de fédérer les peuples.
D’ici là, si l’Inde cherche à se faire une place sur la scène internationale, cette ambition passe également par l’adoption de codes culturels modernes et inattendus qui jouent le rôle de ponts. Ah…le soft power.
Hier soir, en regardant un reportage, j’ai été surpris et intrigué par une découverte musicale inattendue : une chanson de nu métal…indien. Oui, oui l’Inde. Grande patrie du métal devant l’éternel.
La chanson en question s’appelle Nu Delhi, et elle est interprétée par le groupe Bloodywood.
Originaire de New Delhi, ce groupe formé en 2016 a débuté comme un projet parodique de reprises de chansons pop Bollywoodiennes, avant d’évoluer pour produire ses propres compositions. En 2022, Bloodywood a sorti un album original qui mêle des sonorités modernes et traditionnelles.
Leur musique intègre des instruments typiquement indiens comme la flûte et le dhol, aux côtés de la guitare, de la basse et de la batterie traditionnels (du métal). L’un des chanteurs adopte un style rap en anglais, tandis que l’autre, au chant guttural, s’exprime en hindi. Le résultat est étonnant, loin des clichés habituels sur la musique indienne, de ses hochements de tête, et de ses chorégraphies précieuses. Leurs clips intègrent des danses traditionnelles indiennes et le tout pourrait presque faire penser à des célébrations spirituelles autour de Kālī (la déesse de la destruction du panthéon hindou).
J’ai découvert par la même occasion que le groupe s’était illustré au Hellfest en 2023.

Ce type de musique illustre une certaine homogénéisation culturelle mondiale que l’on peut critiquer, mais qui, dans le même temps, favorise des échanges entre les peuples et introduit de la diversité.
A travers ce groupe, l’Inde fait montre d’une facette moderne loin des clichés que l’on en a habituellement.
J’ai trouvé ça assez cocasse durant les premières secondes d’écoute mais, in fine, c’est très cool. Bon, j’en écouterai pas tout les quatres matins non plus.
Ps: je n’aurais peut être pas dû parler de l’Inde mais plutôt de Bharat. Le pays cherche à s’affranchir des derniers stigmates de la colonisation en adoptant son nom sanscrit avant la colonisation anglaise.

Oooh mais c’est cool, je n’avais pas entendu parler de ce nom de l’Inde !!
Le premier ministre indien a affirmé sa volonté de revenir au premier nom de l’Inde l’an dernier. Dans les faits, je sais pas si c’est effectif au niveau de l’ONU.
Ça fait partie d’un certain nationalisme qui prône le retour aux dénomination originales des territoires. Comme Kiev qui est devenue kyiv et la Turquie qui est devenue « Türkiye ».
En réalité, l’Inde, Kiev ou la Turquie, ont toujours eu deux noms. On assiste juste a un mouvement qui veux totalement supprimer les noms anglais et faire respecter sur la scène internationale les noms qui correspondent plus à la langue et la culture du pays.