Né à Katowice (actuelle Pologne) le 13 mars 1902 et mort le 23 février 1975 à Paris, Hans Bellmer est un artiste majeur du mouvement surréaliste. Son travail artistique explore de nombreux medium: la peinture, la gravure, ou encore la photographie et la sculpture.
Dès sa prime jeunesse, il côtoie le milieu ouvrier en travaillant d’abord dans une aciérie, puis dans une mine de charbon. Il grandi sous la férule d’un père tyrannique, qui lui impose une carrière dans le génie et l’envoie étudier à la Technische Hochschule de Berlin en 1923. Très rapidement, Bellmer s’écarte des chemins tracés par son père et montre un désintérêt pour les enseignements qui lui sont prodigués. Il s’intéresse davantage à la politique de l’époque et au mouvement dada, qu’il découvre dans le milieu artistique berlinois. Son premier séjour à Paris, en 1925, lui permet de cultiver son goût naissant pour le surréalisme. De retour à Berlin, il abandonne les études et entreprend une formation de typographe, tout en développant sa propre vision artistique.
Lorsque les nazis prennent le pouvoir en 1933, Bellmer refuse toute forme de travail susceptible de servir l’État. En 1934, après avoir assisté à une représentation d’un conte d’Hoffmann présentant la poupée Coppélia, il crée La Poupée, une œuvre fondatrice qui deviendra la pierre angulaire de sa carrière. Qualifié « d’art dégénéré » par le régime nazi, le travail artistique d’Hans bell est trop subversif, trop moderne et ne répond pas aux idéaux nationaux-socialistes du régime. Bellmer s’exile en France en 1938. A Paris où il exerce comme dessinateur et graveur, il évolue pleinement au sein du groupe surréaliste et délivré une œuvre empreinte d’érotisme et la subversion.

Dans ses créations, Bellmer projette ses fantasmes à travers des corps déformés et des organes sexuels contorsionnés. Le corps humain, en particulier féminin, est réinventé, démembré et réduit à ses courbes les plus élémentaires. Obsédé par la manipulation du corps, il impose à ses figures des poses suggérant à la fois soumission et abandon, dans une dynamique subtile de domination et de sadisme implicite. Sous son regard, le corps féminin n’est plus que courbes, sexes, et forme géométrique. Les courbes exagérées, souvent appliquées aux hanches et à la poitrine, accentuent les parties du corps associées au désir. Ce sont les contraintes et torsions imposées à ces corps qui confèrent aux poupées de Bellmer une charge érotique singulière. Ce processus de décomposition et de mise en tension illustre une vision violente du désir, où le plaisir semble indissociable de la domination, de la contrainte. Le sadisme de Bellmer ne réside pas seulement dans la manipulation physique de la poupée, mais aussi dans le fantasme de la soumission du corps féminin à son propre désir.






Michaela Stark est une styliste et artiste née à Brisbane, en Australie. Adolescente complexée par son corps et son bonnet affichant « F », elle ne trouve de sous-vêtements adaptés que dans une boutique appelée Big Girls Don’t Cry (Anymore). Cette expérience influencera son travail artistique, qu’elle développera autour du corset : ce vêtement fait pour formater les corps, les contraindre et porteur d’une certaine charge érotique. A contre-courant d’une société qui valorise et érotise les corps minces, Michaela Stark utilise des matériaux « doux » tel que la soie, le taffetas, la mousseline, et les rubans pour créer des pièces de lingerie et des corsets asymétriques qui exsangue le corps à l’extrême, le marque et le fait éclaté tout en courbes et en rondeurs.



L’œuvre de Michaela Stark présente une matrice figurale commune avec celle de l’artiste Hans Bellmer, notamment dans une approche de la déformation et de la métamorphose du corps féminin. Tout deux usent d’artifices pour induire un processus de dissymétrie et générer des formes. Tout deux exagèrent les courbes du corps féminin pour ne le simplifier qu’à cela. Cependant, Stark se distingue en jouant entre attraction et malaise, douceur et violence, pour créer une esthétique qui questionne les canons de beauté et de féminité de notre epoque.



Bellmer j’avais découvert ça lors d’une expo qui lui était consacrée à Beaubourg il y a presque vingt ans. C’était intéressant, mais j’avais été très gêné par tout ça je crois. 😀 😀
Beaucoup considere que le point de départ de l’oeuvre de bellmer est le moment où il se rend compte qu’il a une attirance sexuelle pour sa cousine qui n’a alors que 16/17 ans. Il s’est cristallisé autour de ce désir interdit. Comme une fascination pour la sexualité juvénile et la transgression d’un tabou social sans jamais d’enfreindre.
Il lui a dédicacé ses premières publications de la poupée, il me semble.
C’était un fervent lecteur du marquis de Sade dont il à illustrer plusieurs éditions de livres et de psychanalyse freudienne sur le désir.
Dans son œuvre, il y avait une volonté de se jouer de la morale, de la bienséance et d’exprimer une sexualité libérée de la morale (c’est en celà qu’il a une vision sadienne des choses) même si en réalité ça reste du fantasme, un désir pas mis en application. C’est de la sublimation de désirs communément inavouables.
Cette vision vient peut être d’une part à cause de son éducation assez autoritaire et aussi en réaction au nazisme.
Bacon disait qu’on est qu’un tas de chair. Dans le travail de bellmer, c’est intéressant de voir ce tas de chair exploré et travaillé par l’esprit en dehors de ses limites habituelles. Je reste plus attaché à son travail photographique et de composition autour de sa poupée.