Le week-end dernier a été l’occasion d’une escapade à Toulouse pour assister à l’Opéra Urbain des Machines de l’île, qui, pour la deuxième fois après la première édition de 2018, a animé le centre-ville au rythme des aventures du minotaure Astérion et de sa demi-sœur Ariane dans les dédales de la Ville Rose. Une mission de taille les attendait : contrer les efforts de Lilith, nouvelle venue dans la compagnie des machines, qui s’était donné pour objectif d’ouvrir les portes des ténèbres dont elle est la gardienne.
Toulouse est une ville dans laquelle j’ai habité durant deux ans, en 2012 et 2013. Je n’y garde pas de très bons souvenirs, en raison de la difficulté que j’ai éprouvée à m’y intégrer. Plus introverti que je ne le suis maintenant, je n’avais lié que très peu de relations, et ma vie ressemblait plutôt à celle d’un ermite — ou plutôt à celle d’un bernard-l’hermite dans sa coquille. Bien que j’y sois retourné une fois depuis, avec mon ex, ce retour à Toulouse en solo avait presque des allures de confrontation avec la ville : la découvrir avec un nouveau regard, en profiter sans angoisse, avec un regard moins timoré que celui que je lui avais porté durant ces deux années.
Mon séjour a débuté jeudi, aux aurores, avec une arrivée en avion à Toulouse à 8 h du matin. Ce n’est pas très écolo, mais il faut dire que rejoindre la Ville Rose en train relève un peu du périple, avec souvent des correspondances et un temps de trajet de plus de sept heures. Toulouse a surtout misé sur l’aéronautique pour desservir son territoire : c’est un peu le bastion d’Airbus, après tout.
Ma première visite a été celle du musée des Arts Précieux, qui porte bien son nom et dévoile une collection impressionnante retraçant l’histoire de l’horlogerie et le savoir-faire français en la matière, à travers de très belles pièces ouvragées.



Ensuite, je me suis rendu à la Galerie du Château d’Eau (ou plutôt dans sa salle d’exposition temporaire, en raison des travaux en cours dans la galerie), qui accueille actuellement les photographies d’un artiste ayant eu la chance de visiter l’île Tristan da Cunha. Ce lieu me fait rêver car j’aime les points du globe qui on une originalité, ou sont des lieux de « records » tel que l’arbre le plus isolé du monde (l’arbre de Ténéré) , le point le plus chaud au sol (désert du Dasht-e Lut). Tristan da Cunha est quand à elle l’île habitée la plus isolée du monde. Les terres les plus proches dotées d’une population permanente sont l’île Sainte-Hélène (à 2 419 km) et la ville du Cap en Afrique du Sud (à 2 790 km), tandis que l’Amérique du Sud se trouve à 3 242 km. Moins de 200 personnes y vivent, partageant seulement huit patronymes sur ce minuscule confetti, qui constitue un territoire britannique d’outre-mer. L’expérience d’y habiter un court instant serait une expérience incroyable.


Je me suis également rendu à la Fondation Bemberg, qui a récemment rouvert ses portes. Je n’ai pas été particulièrement sensible au contenu de l’exposition temporaire, « Les Paradis Latins : Étoiles Sud-Américaines », consacrée à des photographes sud-américains. Cette exposition a le mérite de présenter plus de 200 photographies couvrant un siècle de photographie sud-américaine. Cependant, les sujets photographiés ne m’ont pas vraiment captivé : il s’agissait principalement de portraits de stars de cinéma, de célébrités politiques ou d’inconnus posant de manière plus ou moins convenue. J’ai eu l’impression d’une photographie du milieu mondain, d’un certain entre-soi, qui ne m’a pas semblé particulièrement pertinent pour comprendre la société sud-américaine, sa composition et son fonctionnement. En revanche, j’ai été bien plus enthousiasmé par la collection permanente, très riche, qui abrite des tableaux de grands maîtres de la Renaissance italienne et présente un large éventail de mouvements artistiques modernes, de l’impressionnisme au surréalisme, en passant par le fauvisme et le pointillisme. Les collections de la Fondation sont hébergées dans un lieu exceptionnel : l’hôtel d’Assézat, magnifique édifice construit à la demande d’un riche marchand de pastel.


Enfin, j’ai terminé par les Abattoirs, musée qui abrite les collections du FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain) d’Occitanie, et qui, actuellement, met en avant la photographie à travers l’exposition « Ouvrir les Yeux ». Dans cette exposition, le FRAC déploie l’étendue de ses collections en matière de photographie, en présentant également des photos issues des fonds de la Galerie du Château d’Eau, actuellement en travaux. L’espace est vaste, et la collection présentée est très riche et inspirante, que ce soit pour un photographe amateur, un passionné de photographie ou même un béotien. On y découvre une large diversité de médiums exploitables en photographie et une multitude d’orientations artistiques, entre photographie documentaire, regards sur l’intime, archives, installations, photojournalisme, nu et photographie urbaine. L’exposition est vraiment représentative de la richesse des fonds du FRAC et de la galerie du château d’eau en matière de photographie.
