Bodies in Eclipses

J’ai une petite habitude : regarder les hommes relever leur t-shirt pour apercevoir leur bidou. Je profite d’un court instant, d’un mouvement presque anodin, pour savourer cette image fugace : un ventre qui se dévoile, quelques poils, parfois même la naissance de la pilosité pubienne. Rien de plus. Je ne suis pas voyeur pour un sou, mais j’aime me délecter de ces petits morceaux de corps masculin qui apparaissent par accident, au détour d’un geste.

Il en va de même pour le bas du dos lorsqu’un homme s’accroupit. Ce mouvement est informatif.

Quel type de sous-vêtements ?

Freegun : hétéro bof.

Athena ou Celio : l’hétéro de base, bien rangé.

Aussiebum : un gay, sans hésitation.

Un jockstrap : coquin, va !

Et puis il y a le reste. Poilu ou pas poilu ? Une pilosité discrète ou franchement assumée ? Et surtout : quel fessier ? Rebondi ? Plat ? Musclé ? Un peu mou ?

Je sais bien que ces catégories sont complètement arbitraires et probablement bourrées de préjugés. Un homme en Celio peut évidemment être gay, un homme en Aussiebum peut être parfaitement hétéro non , et le jockstrap ne constitue en aucun cas une preuve scientifique de quoi que ce soit (oui).

Mais c’est justement ce petit jeu d’observation qui m’amuse.

Le corps masculin se dévoile rarement entièrement dans la vie quotidienne. Il apparaît par fragments : un ventre lorsque le t-shirt remonte, une ligne de poils au-dessus du pantalon, le bas du dos lorsque l’homme se penche, un morceau de sous-vêtement qui dépasse, la forme des fesses sous un pantalon.

Ce sont des apparitions de quelques secondes. Le p’tit piment du quotidien. C’est plus fort que moi.

Et moi, je les remarque.

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