Disco : I’m Coming Out

En ce moment, à la Philharmonie de Paris, a lieu l’exposition Disco : I’m Coming Out.


Comme son nom l’indique, c’est une expo qui réunit un large corpus de photos, de vidéos, d’œuvres d’art, d’affiches, de costumes, qui reconstituent l’ambiance fiévreuse de l’époque disco.
Mais cette plongée sensorielle dans les années disco met également en exergue le pouvoir de cette musique. C’est une musique à la portée éminemment politique, car elle va permettre aux minorités – notamment LGBT et racisés – de trouver un mode d’expression, de résistance et d’empowerment.

Puisant ses racines dans la soul, le jazz, le gospel, la funk, les percussions latines et africaines, le bouillon musical que constitue le disco fait non seulement naître de nouvelles figures musicales, telles que le DJ ou la diva, souvent noire et flamboyante, incarnation vocale d’un pouvoir féminin et queer.

Le dance floor est bien plus qu’un lieu de divertissement : il est aussi le lieu de catharsis, de rencontres, de visibilité et de liberté corporelle de la communauté LGBT. On s’y affranchit des normes sociales, on y performe son genre, on y célèbre sa différence.


L’avènement du disco marque aussi le développement des lieux de sociabilisation gay – saunas et backrooms notamment – ainsi que des boîtes de nuit qui diffusent cette musique. C’est l’époque du cruising au bord de l’Hudson river à the piers, ou à pine’s island.
Ces espaces — encore clandestins pour certains — permettent aux minorités de s’exprimer, de se rencontrer et de s’affirmer.

On sentirait presque des effluves de poppers. La molécule est assez représenté dans les œuvres de l’Expo puis il faut dire que le poppers est intimement associé au milieu de la fête à cette époque et dans ce type de lieu.

L’exposition retranscrit assez bien l’importance du mouvement LGBT dans le développement du disco, mais aussi le pouvoir émancipateur de cette musique pour la communauté.

Le disco est la bande-son des luttes pour les droits des LGBT et noirs.


Petite émotion en découvrant, au sein de l’exposition, l’un des premiers drapeaux LGBT, alors à huit bandes. Conçu par Gilbert Baker en 1978, il comptait huit couleurs, chacune ayant une signification symbolique (rose pour le sexe, rouge pour la vie, orange pour la guérison, etc.). J’avoue être très attaché à ce drapeau, qui était assez fédérateur : les couleurs étaient liées à des valeurs qui soudent notre communauté.

L’expo rend également un hommage à la communauté drag, et notamment à Divine – ce qui était un impondérable.


C’est vraiment sympa de visiter une expo baignée dans la musique. L’espace permet de danser librement si le cœur nous en dit, s’abandonner au rythme, éprouver physiquement ce que fut le disco : une libération par le corps. Un rare exemple d’exposition muséale où l’on se sent invité à performer, à s’exprimer, à danser.

Dans la dernière partie de l’exposition, on aborde l’héritage de la musique disco. Le disco n’est pas mort : des artistes contemporains tels que Cerrone, Juliette Armanet, Clara Luciani ou encore les Daft Punk se réapproprient ce style musical. Et si l’on tend bien l’oreille, les caractéristiques de ce style infusent encore de nombreuses productions actuelles. Il a peut-être perdu son pouvoir politique, mais il reste toujours synonyme de fête : il est si difficile de rester assis lorsqu’on entend un air disco.

Leave a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *