SWIM FOR THE FENCES

En 2023, Xavier Dolan a annoncé son retrait du cinéma, se disant « fatigué et découragé ». Il confiait ne plus avoir la force de consacrer deux ans à un projet pour qu’il soit peu diffusé, notamment après l’accueil mitigé de sa série « La Nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé ».

Sa participation au jury de la section « Un Certain Regard » du Festival de Cannes en 2024 a ravivé sa flamme, puisqu’en août, Dolan a annoncé son retour à la réalisation avec un nouveau projet de film d’horreur se déroulant en France dans les années 1880. Parallèlement à ce film, il travaille également sur une série.

En janvier 2025, il a signé une campagne publicitaire pour Gucci.

Aujourd’hui, il nous revient avec le clip du nouveau single d’Elton John et Brandi Carlile, « Swim for the Fences ».

Quand Brandi et Elton m’ont approché avec leur chanson, ils mentionnaient qu’elle avait été écrite pour les jeunes gens queers. J’ai immédiatement eu en tête les images d’un jeune homme solitaire dansant seul. Ce n’est pas une coïncidence si la musique et la danse ont toujours été au cœur de la culture queer ; c’est un acte ultime d’expression, d’abandon et d’altruisme. »

Bon, ok, ce n’est pas encore son retour au cinéma, mais on retrouve l’univers Dolanien : le traitement de la lumière, le cadrage singulier, le danseur qui rappelle un adolescent issu de sa filmographie, le thème de l’éveil amoureux et la relation à la famille.Ce clip est un petit court-métrage Dolanien. La musique a toujours été très importante dans les films de Xavier Dolan, c’est donc naturellement et de façon très fluide que son univers cinématographique s’intègre bien dans un clip. Ce clip emprunte des bribes de « Mommy », un peu de « Juste la fin du monde »

La chorégraphie est de Damien Jalet, qui a décidément le vent en poupe (c’est le chorégraphe d' »Emilia Perez »).

Le clip est joyeux, lumineux, une ode qui pousse à vivre ses amours comme on l’entend. Pour autant, on ne peut s’empêcher de penser que cela va mal tourner, comme dans tous les moments de joie qui ponctuent les films de Dolan, des respirations avant l’apnée. Des moments d’innocence bientôt interrompus. Le calme avant la tempête.

En attendant… « Swim for the Fences ».

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