Fratres Arvo Part

Parmi les œuvres musicales qui m’accompagnent depuis de nombreuses années figure le Fratres d’Arvo Pärt. Ce compositeur estonien, figure majeure du minimalisme sacré, découvre en 1976 le travail de son homologue britannique Benjamin Britten, quelques mois avant la mort de ce dernier. Profondément affecté par cette disparition, Pärt lui rend hommage à travers son Cantus in Memoriam Benjamin Britten, mais aussi avec Fratres (qui signifie « frères » en latin).

Jusqu’à récemment, il ne se passait pas un jour sans que je n’écoute la version pour violon, cordes et percussions. Si mon écoute s’est aujourd’hui espacée, cette musique demeure l’un des piliers de mon panthéon affectif. Tout commence par un solo de violon frénétique, dont la ritournelle hypnotique capte immédiatement l’attention. S’ensuivent des mouvements plus nostalgiques, entrecoupés de percussions graves et solennelles, qui renforcent le caractère méditatif et dramatique de l’œuvre. Je me rappelle mon émerveillement quand j’ai écouté le fratres pour la première fois en live aux Folles journées de Nantes: un espèce de moment suspendu.

Le fratres est inspiré par Le Coucou au fond des bois, un mouvement du carnaval des animaux de Camille St saëns. D’une musique descriptive, relativement et accessible à un large public (le coucou au fond des bois est régulièrement utilisée dans un contexte éducatif, pour illustrer des scènes de nature ou en guise de comptine), Part a construit une musique plus dynamique malgré ses thèmes très répétitifs et ses silences. C’est un exemple phare du tintinnabulisme, ce procédé de composition musicale créé par Arvo Pärt.

Selon Pärt, cette pièce n’est jamais véritablement achevée. Fratres n’a pas été conçu pour des instruments particuliers, ce qui explique la multiplicité de ses versions : violon et piano, orchestre à cordes, ou encore ensemble de chambre.

Cette capacité à être réinterprété sans perdre son essence fait du Fratres une œuvre unique au même titre qu’une fugue de Bach a un caractère tout aussi universel. Chaque arrangement conserve son cadre spirituel tout en explorant de nouvelles dimensions sonores.

Voici la première version composé par Arvo part et jouée par l’ensemble Hortus Musicus en 1977.

Fratres pour deux pianos

Il y a aussi cette version à la guitare électrique qui réussit à maintenir la douceur de la musique originale.

Et celle ci qui est nettement moins ma tasse de thé mais qui envoie du pâté

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